C’est con, dès que j’eusse la meilleure des intentions pour donner un peu plus de gâteau à mes pirates, l’équipage se fit bombardé de tous bords, tous côtés. Nous recollâmes les morceaux cassés et nous arpentons maintenant le désir de voguer de nouveau. Enfin, petit à petit, il faut bien recommencer ses bonnes habitudes. Ça commence par écrire un peu et ça finira par écrire beaucoup.

Un bon matin lorsque j’arrivai à l’angle Papineau & Mont-Royal – où pour une raison obscure, le feu rouge me donne toujours le temps de ne pas manquer la 45 – j’eus une petite réflexion nostalgique: le sentiment du matin d’un roadtrip. Vous savez, tous les petits rituels de choses à ne pas oublier, les façons de paqueter, de faire le tour de la maison, d’être subtilement énervé… Il n’en faut pas beaucoup pour vivre ça; seulement partir suffit. Ma réflexion s’élargit au point où je me suis finalement dit: ce petit moment doit bien arriver en ce moment, pour quelqu’un quelque part…et donc: chaque moment est un bon moment pour quelqu’un.

Partir, c’est se déplacer. C’est de bouger d’un point à un autre dans l’espace. Pour faire suite à cette légère pensée, je vous laisse en musique avec Guns N Roses je vous laisse sur cette citation de Georges Perec (Espèces d’espaces), envoyé par une amie:

Notre regard parcourt l’espace et nous donne l’illusion du relief et de la distance. C’est ainsi que nous construisons l’espace: avec un haut et un bas, une gauche et une droite, un devant et un derrière, un près et un loin. Lorsque rien n’arrête notre regard, notre regard porte très loin. Mais s’il ne rencontre rien, il ne voit rien; il ne voit que ce qu’il rencontre: l’espace, c’est ce qui arrête le regard, ce sur quoi la vue bute: l’obstacle: des briques, un angle, un point de fuite: l’espace, c’est quand ça fait un angle, quand ça s’arrête, quand il faut tourner pour que ça reparte. Ça n’a rien d’ectoplasmique, l’espace; ça a des bords, ça ne part pas dans tous les sens, ça fait tout ce qu’il faut faire pour que les rails de chemins de fer se rencontrent bien avant l’infini.