Le volume distrait

30 déc. 2009
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Le volume distrait.

Mais où es tu donc?

Tout le monde te cherche. Enfin c’est ce que je crois. Si moi je te cherche et que toi tu te cherches, les autres doivent bien te chercher aussi.

Néanmoins, tu n’es pas là. Pas vraiment là en tous cas. Tu es peut-être distraite toi aussi.

Lorsque tu t’épuises à tout fermer, et que j’obstine à vouloir tout réouvrir…

Je me dis que finalement personne n’est distrait,

et la peur demeure.
et la peur se meurt.

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Il y a de drôles de gens à Montréal, spécialement sur la rue Gauthier. En octobre dernier, Philippe apercevait un exhibitionniste fou semer la frayeur dans notre quartier. Du métro Bigras à la buanderie, en passant par le chantier de construction…

Quelques temps après, je fis la même découverte…

Je suis André

25 déc. 2009

Bonjour, je suis André.

Je me suis fait avoir toute ma vie. Très vite, je me suis mis à avoir toute la vie en retour. Je me suis mis à croire que j’étais un intellectuel. C’était pathétique. Je me suis éloigné de la réalité, et mes vœux les plus chers se trouvaient dans cette réalité. C’était triste…

J’ai fait croire à toutes les dames que j’étais intéressant. Elles m’ont cru. Je me suis rendu compte que les gens sont intéressés par les choses dites intéressantes.

Toutes les dames m’ont fait croire que j’étais intéressant. Je les ai crues. Elles se sont rendues compte que les gens comme moi se sentent intéressants seulement en le disant.

J’ai finalement fléchi, pour la millième fois. Eh comme d’habitude, ça s’est estompé.

Ça n’a pris que quelques jours et des poussières. Chez certains, ça prend 20 secondes. Moi, ce n’est pas une question de temps. En fait, ce n’est jamais une question de temps pour personne. Le temps est une excuse pour se référer à quelque chose dont on a aucun contrôle. Aussi bien dire que c’est l’œuvre de Dieu…

J’ai fléchi pour une nouvelle fois. Eh comme d’habitude, ça s’estompera. Ça ne prendra que quelques jours et des poussières.

Je suis André… et l’amour est une chose qu’il ne faut pas comprendre.

*

Je me suis donc tourné vers le bonheur, et humblement, je l’ai trouvé.

Je suis quelqu’un d’égoïste. Vous pouvez peut-être penser que derrière ce mur ridicule se cache une personne tendre et intelligente; non. Je suis une merde qui recherche le bonheur pour soi. Si le partager décuple mon bonheur, une pierre deux coups!

Je suis un être fondamentalement égoïste. Mais tout ça ne marche pas: chercher le bonheur pour soi, c’est se condamner à être malheureux. Le plus frustrant, c’est de constater que tout le monde semble heureux sauf vous.

Ironiquement, lorsque plus tard je succombe sous le poids de mon malheur égoïste, je trouve le bonheur, le miens, le vrai.

Mon bonheur véritable est lorsque j’accepte le bonheur des autres. Le bonheur, je l’obtiens quand mon mal intérieur devient si grand qu’il devient absurde.

Tout à coup, les gens heureux me rendent heureux! La simplicité vient chasser la complexité de la vie et des tourments difficiles. Le sens de la vie trouve un sens. L’amour semble léger, futile et romanesque. Le bonheur semble être une entité plus grande que moi qui est accessible à tous. La passion m’envahit: je ne suis plus prisonnier de mon égoïsme, je vis pour les autres! Mon regard est nouveau et voit toute la beauté du monde! Je ne sens plus le poids d’être le dénominateur de mon propre bonheur; j’accepte de sacrifier mon bonheur pour que celui des autres soit plus fort.

Et c’est sur cette finalité que j’accepte le martyre, j’accepte de mourir.

Au revoir, je suis André, et je fus crucifié.

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À mon esprit, aller à un concert, c’est plus amusant avec des gens. Du coup, lorsque je vais voir quelques groupes, muni de mon unique media pass, j’éprouve une certaine réticence.

Bien sûr, je suis chanceux de pouvoir me loger au premier rang: pouvoir sentir la salive chaude qui dégouline du micro, avoir la possibilité de voir tous les détails les plus futiles de la performance, me sentir privilégié.

Je n’en ai pas fait une tonne… mais le dernier était particulier.

J’arrive au Metropolis par un froid glacial. Je prend ma media pass, mais ce n’est pas une media pass. Douteux, je me dirige vers la salle. Je rencontre une première connaissance à qui je peux crier UAV online. Je me dirige vers les vestiaires. Je demande à une employée s’il y a une barrière avec de la sécurité au devant de la scène. Elle m’assure que oui. Toujours sceptique, je me faufile dans la foule. – Visiblement, la clientèle de Malajube est plus jeune que j’aurais cru. – Il n’y a pas de dit barrière, ni de sécurité. J’arrive tout juste avant Clues, dont la découverte me fascine. Je suis à gauche, troisième rangée, tassé sur un haut-parleur, avec un autre photographe qui me snob avec ces deux Canons ridiculement gros pour rien.

C’est à ce moment que je décide de sortir de mon mur mûr.

Je commence par me déplacer vers le centre. Une fois les dernières briques du mur mûr contournées, j’aborde un petit groupe de fans. Je leur explique ma situation: “En théorie, je n’ai droit qu’aux 3 premières chansons, alors si vous pouviez me laisser passer au premier rang [...] et après j’vous laisse tranquilles”.

Je répétai l’activité à d’autres personnes et la réponse on ne peut plus positive me laissa surpris. Effectivement, lorsqu’on demande quelque chose avec politesse, l’univers conspire à te le donner. Après ces quelques rencontres où j’ai pu bénéficier de légères conversations, Malajube entra sur scène.

Un clique par-ci, un clique par là. Un coup dans le dos par-ci, une riposte par-là… je me déplaçai de gauche à droite de la scène à l’aide de mes nouveaux acolytes… entre deux poses, je regardai à gauche de la scène et vu ce photographe snob qui ne bougeait pas de son petit perchoir. Satisfait, je me dis que j’aurai les meilleurs prises de vues de la soirée…

En sortant, je tombe nez à nez avec une vieille amie, cette femme que j’aimerai toute ma vie.

Je retourne au vestiaire. L’employée se sent mal de m’avoir mal informé, mais d’une bonne humeur incroyable, je l’assure que j’étais très satisfait.

Je quitte avec le sourire en me disant: “Eh moi qui ne voulait pas y aller seul”…

Autrefois, la lutte éternelle c’était de penser vs le bonheur. Philosophes que vous êtes, je sais que ces mots sont larges et probablement mal choisis pour exprimer l’affrontement dont je parle. Sachez seulement qu’il faut bien partir de quelque part.

Si quelqu’un avait l’audace de me demander si je suis une personne heureuse, je ne saurais quoi lui répondre pour être tout à fait juste avec mon être. Je suis une personne très malheureuse pour certaines raisons; et une personne heureuse pour toutes autres raisons. Le pire, c’est quand certaines raisons répondent aux deux catégories.

Alors je me suis moi-même posé la question.

C’est exactement à ce moment que je me suis mis des choses dans la tête. Quand on s’adonne à emplir sa tête, il faut faire attention. On peut rapidement se perdre dans son imagination. Je crois que mon problème, à la House, c’est qu’en analysant tout de la réalité, j’en deviens mythomane. Enfin peut-être.

C’est là que je me suis crevé la peau droit dans la main. Où le temps s’immobilise. Quand vraiment, physiquement, le mouvement ne bouge plus, la goûte ne tient sur rien, les rires sont retenus… les muscles ne sont mêmes pas tendus, ils sont seulement suspendus par le temps. Je voulais savoir si j’étais réel.

Car je fond. Je ressens des choses impossibles. Et ce qu’il y a de magnifique avec les émotions impossibles, c’est qu’elles sont possibles. Tout comme le faux terme amour impossible… Ce que les gens veulent dire, c’est relation impossible. Eh encore là, de seulement commencer en identifiant que ce sera impossible, ça part très très mal. Je ne crois pas à ça. Ou disons: je ne crois pas que les relations que j’ai qualifié d’impossible sont impossibles. Sinon, je ne m’en amouracherais pas. Je déteste avoir écrit ce paragraphe impossible.

L’amour est beaucoup plus fort lorsque l’autre ne nous aime pas (Beigbeder).

Bonjour. Si tu es rendu jusqu’ici, c’est que l’auteur t’y a obligé. Tout cela était bien trop vague et abstrait (les gens appellent ça profond). Ou alors, tu crois comprendre ce qui se passe: je me cache derrière les mots, car j’ai excessivement peur de vouloir vivre cet amour à deux. Et ça, ça semble impossible.

P.S. Ma lutte éternelle, c’est de faire les deux: penser en étant heureux

Le volume du mur mûr

22 déc. 2009
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Le volume du mur mûr.

Le premier tome de doit pas être une tombe.

Il doit s’afficher sur mon mur mûr.

Mais quand les nuits nous éveillent, et que les bruits ne nous émerveillent, on se rappelle soudain de tous les si j’avais su et les j’aurais dû.

C’est pourquoi les murs sont inventés. Les murs gardent au chaud, à condition de connaître le froid dehors.

Heureusement, les nuits ne durent jamais bien longtemps,

et le mur mûr demeure.
et le mur mûr se meurt.

Touche douche louche

21 déc. 2009

Je touche mes meilleures idées sous la douche. J’aimerais ne pas avoir à devenir un tordu de l’hygiène corporelle à m’en arracher la peau… mais si j’ai besoin d’une bonne idée, j’accepte de devenir un monstre.

L’avantage avec ce mode de création, c’est que je dois exercer ma mémoire pour me rappeler de l’éclair de génie. Toutefois, cette science est toujours en développement.

Aujourd’hui j’ai senti que j’étais tombé en amour. Quand on tombe 2 à 3 fois en amour par jour, on s’habitue à lâcher prise dans les 20 secondes, toutefois, quand on tombe toutes ces fois en amour avec la même personne, c’est peut-être autre chose.

En même temps c’est rien. Un jour Beigbeder écrit qu’il est la personne la plus triste qu’il n’ait jamais rencontré. Mais ce qu’il voulait dire, c’est qu’on est toujours la personne la plus triste que l’on peut rencontrer. Chacun. Chacun pour soi. Chacun pour sa propre médiocrité festive.

Le mur mûr est prêt depuis des années. En parsemant la structure de trous béants, pour que quelques curieux puissent voir au travers, j’ai su leurrer quelques personnes et moi-même à l’intérieur.

Aujourd’hui c’est différent. C’est même très différent. Aujourd’hui est différent parce que le problème n’est même pas mon mur mûr. Car il y a toujours un problème, sinon je ne trouverais pas autant d’idées dans la douche.

Je suis louche. J’ai une attitude simple et désinvolte. Les gens croient que je ne travaille pas. C’est la fonction du mur mûr ça. En fait, les gens se sentent intelligents lorsqu’ils peuvent décoder quoi que soi chez moi; parce qu’ils croient peut-être que je joue à avoir l’air sûr de moi, accompli et secret. Pourtant, je ne cache rien… même que je ne cache probablement pas assez.

Elle est distraite celle-là. Je la regarde droit dans les yeux, elle quitte les miens. Elle doit penser que je ne comprendrais pas, mais je crois très bien saisir. Je pense qu’elle pense trop. Elle pense que je veux trop. C’est assez simple les histoires impossibles: elles sont impossibles. On a pas besoin de trouver ça louche. On peut seulement se laisser porter et mourir dans l’impossibilité.

Car c’est mieux ainsi, c’est sûrement plus léger.

Si, c’est plus léger de se laisser porter. C’est beaucoup plus lourd de vivre en sachant qu’on a détourné une opportunité. La difficulté avec les opportunités, c’est qu’il fait être rapide pour les saisir. Le mieux c’est de ne rien vouloir prévoir, car une fois nu devant l’imprévu, si on a peur, on est foutu.

Donner l’illusion

15 déc. 2009

Un jour, quelqu’un a dit que le temps arrêtait de passer si personne ne le remarquait. Un peu aux allures d’un enfant qui joues avec ses deux figurines de monstre dans un vieux diner de route américaine perdue… où l’ignorance is bliss… encore faut-il que tout ça soit ironique, car finalement, lui, il passe le temps.

Le temps c’est con. C’est un concept bizarre qui stress pour pas grand chose finalement. Parce qu’à la fin, qu’on le comprenne, qu’on le tasse ou qu’on le supplie, on ne peut jamais vraiment le contrôler. Ah mais on peut toujours donner l’illusion qu’on le consomme à notre guise… enfin…

Donner l’illusion, on dirait que ça revient souvent à ça. Certains croient même que mon métier c’est de créer toutes sortes de fausses images. Eh moi qui prétend que mon travail devrait philosophiquement dépasser sa fonction… Je serais presqu’un expert en matière d’hypocrésie, imaginez.

Sachez que même si l’habit ne fait pas le moine, un moine tout nu: non seulement ça inspire peu, mais ça en dit long.

L’apparence, tout le monde ni personne s’en soucie.

Inévitablement, on est seul dans notre tête. Ultimement, nous sommes tous forcés de donner un certain sens à ce que nous percevons afin d’avancer. Il suffit de doser entre la confiance totale et le doute… faire preuve de jugement.

Ah… faire preuve de jugement. Je me suis mis en tête de toujours respecter l’intelligence.

Bien oui, ça change ça change. J’ai décidé de relooker Gâteaudepirates pour un style un peu différent.

Initialement, le but était de créer un journal littéraire et visuel pour suivre mon parcours Montréalais. Cependant, la dernière interface me limitait, car les visuels prenaient une immense place par rapport à l’écrit.

Maintenant il suffit de se demander si les gens venaient réellement pour lire mon abrutissement éditorial… enfin, je crois que la question ne réside même pas là. En fait, je le fais pour moi – je suis l’ambassadeur de la plug poche.

Somme toute, je suis très satisfait de la recomposition. Je me sens libre d’écrire pour écrire, et lorsqu’il y aura matière à support visuel, il n’écrase plus le mot.

Merci au syndrome de l’attente qui me donne envie de refaire mon blog alors que je n’ai pas vraiment le temps.

Je ne sais pas ce que j’attends, mais je l’attends quand même. Même si ma liste de préoccupation est considérable, je ne fais rien. Est-ce que je serais devenu patient? Non pas du tout… à moins que l’on ait pas besoin de savoir quoi attendre pour entrainer sa patience.

Je me met sans doute beaucoup trop de pression. Je me sens paresseux de ne pas profiter de toutes les minutes de l’existence. C’est con. J’suis fâché. Et pas comme des fillettes de 14 ans qui sont fâchées contre leurs parents.

C’est un état qui semble se manifester lorsqu’on a beaucoup de choses à faire. C’est ironique, cet état ne me donne envie de rien faire, sauf attendre. Et pourtant, depuis des années, je me répète que les choses ne se provoquent pas toutes seules.

Le syndrome de l’attente est quelque chose qui m’arrive trop souvent.